La
Corse des forêts et des montagnes, en immersion totale dans
une nature grandiose. Chevauchée au long des anciens sentiers
de transhumance, nuits en bergeries ou à la belle étoile
si on le désire, étapes au bord de torrents où bouillonne
une eau pure.
Le paysage est chaque jour différent
; forêts de pins, hêtraies de montagne, maquis odorant que
l'on traverse en empruntant les anciens sentiers bordés
de murs : i chjassi. Puis l'on parvient sur les crêtes,
et c'est l'éblouissement d'une nature splendide qui se déroule
au pied des montagnes. Après un paysage de pierre, l'on
débouche sur les hauts plateaux enserrés de pics rocheux,
ici courent des ruisseaux au creux d'une herbe verte et
douce, et nombre de nos chevaux sont nés en liberté dans
ces lieux magnifiques.
On se baigne, parce que c'est l'été.
Mais en toute solitude, dans des torrents limpides qui jaillissent
de la roche. La nuit dans une bergerie de montagne est une
expérience inoubliable, ces maisonnettes de pierre sèches
se fondent dans le décor émaillé des traces de siècles de
vie sur ces lieux de transhumance. Et comme le ciel d'été
piqué d'étoiles est d'une merveilleuse beauté, on peut installer
son bivouac au creux d'un arbre et dormir dehors pour saisir
chaque instant de cette nature vivante.
La découverte d'une autre vie, d'un
autre monde.
Jour
1 : Samedi (Sartène)
Arrivée à la Ferme pédagogique
d'Olva, à Sartène. Les chevaux et le matériel vous
seront présentés avant le repas du soir que nous prendrons
en commun. Nuit en gîte
Jour 2 : Dimanche (Sartène - Cutulla)
Petit déjeuner et préparation des
chevaux avant le départ. Un beau sentier bordé de murs traverse
le maquis. Ces chemins " i chjassi " sont très anciens,
entretenus par l'inlassable travail des hommes, ils maillent
tout le pays en reliant les villages entre eux. Eléments
incontournables de la vie sociale et économique au cours
des siècles, il s'y livrait un incessant charroi de gens
et de bêtes. Et il faut voir comme chaque obstacle que la
nature pouvait dresser a été contourné afin de livrer le
passage aux piétons et aux cavaliers qui les empruntaient.
Bivouac au bord de la rivière.
Jour
3 : Lundi (Cutulla - Cucuruzzu)
C'est à travers des chênes verts
et des oliviers que nous continuerons notre voyage vers
le beau village d'Altagène. De là, nous rejoindrons le site
préhistorique de Cucuruzzu, perdu en pleine nature et après
la visite (pour ceux qui le désirent), nous établirons notre
bivouac tout près, dans une belle prairie, face aux splendides
aiguilles de Bavella.
Jour 4 : Mardi (Cucuruzzu - Chiralbella)
La végétation change chaque jour,
à mesure que nous prenons de l'altitude. Nous passons maintenant
à travers des châtaigniers maintes fois centenaires. La
lumière qui joue à travers les feuilles des arbres paraît
plus pure et l'air plus léger, nous approchons de la montagne.
Nous traversons Quenza, un beau village aux maisons de granit,
où l'on produit une charcuterie réputée dans toute l'île.
C'est la dernière halte " civilisée ", avant de gagner les
hauts plateaux. Un pique-nique au bord du torrent de Vinaghjolu
et nous repartons en empruntant les vieilles voies de transhumance.
Ici, aux abords des plateaux d'alpage, tout est différent.
Nous pénétrons dans un monde où vagabondent tranquillement
des animaux en liberté, l'herbe devient douce sous les pieds
des chevaux, partout courent de petits ruisseaux et l'on
dirait que l'air pétille, porté par le vent qui descend
des hauts sommets. C'est le coeur de la Corse qui bat ici,
et des siècles durant d'innombrables familles affluaient
sur ce plateau au moment de la transhumance. L'œil s'habitue
vite à déceler les anciens habitats, de minuscules bergeries
de pierres sèches que l'on découvre au rythme de la marche.
C'est dans l'une d'elles que nous ferons étape le soir,
à Chiralbella, un lieu magique où règne une grande paix.
.
Jour 5 : Mercredi (Chiralbella - Mela)
Toute cette journée est consacrée
à la traversée du plateau du Cuscionu. C'est un lieu étrange,
silencieux et sauvage. De toutes parts, les hauts sommets
du sud le bordent et lorsque l'on considère depuis la mer
ces chaînes de montagne, nul ne pourrait imaginer qu'elles
abritent en réalité cette immense étendue d'un vert tendre,
jalonnée de rivières, émaillée de bois où de dressent des
hêtres magnifiques, et parsemée d'innombrables petites bergeries
adossées à des amoncellements de rocs surgis de l'herbe
verte. C'est sur des sentiers de transhumance vieux de plusieurs
siècles que nous poursuivons notre voyage. Nous rencontrerons
sans doute des troupeaux de chevaux en liberté, un vieil
étalon entouré de ses juments et d'une bande de poulains
qui se prélassent au soleil. La vie est douce, ici, pour
les animaux, de l'eau fraîche, de l'herbe à volonté, et
les hommes sont loin... Quelques beaux galops à travers
le plateau, les chevaux adorent galoper sur ce sol souple,
après les pierres des chemins. L'étape du soir aura lieu
dans une bergerie, après la traversée de la forêt de hêtres
en direction de Punta Sistaghja.
Jour
6 : Jeudi (Mela - Quarciulattu)
Nous quittons les larges frondaisons
des hêtres pour pénétrer dans la forêt de pins. Changement
d'odeurs, et de bruits aussi. Le sifflement du vent dans
les feuilles ne rend plus la même musique, et l'air sent
la résine. Nous progressons jusqu'au sentier qui passe le
long des crêtes et domine les deux vallées. Au pied d'étranges
chaos granitiques à qui l'érosion du vent donne forme, nous
ferons l'étape de midi. Il y a de beaux villages, accrochés
au flanc des montagnes que nous dominons, et tout en bas,
la mer se dévoile enfin.
Le bivouac du soir aura lieu à Querciulatu,
minuscule refuge au cœur de la forêt de Val di Mala. Les
chevaux dorment tout près, et pour ceux qui aiment les nuits
à la belle étoile, c'est un vrai bonheur de tirer son sac
dehors, s'installer sous un arbre et s'abandonner à la nuit.
Le ciel miroite à travers les hautes silhouettes des pins,
un vent léger chargé de parfums descend de la montagne,
et l'on entend renâcler les chevaux à côté, tout doucement,
avant de s'endormir.
Jour
7 : Vendredi (Quarciulattu - Burgo)
La traversée de la forêt de Val
di Mala se fait toujours en grand silence. Les aiguilles
de pins tombées sur un sol sablonneux étouffent les bruits
des sabots, un vent délicieux porte les odeurs de résine,
l'on traverse de petits ruisseaux et l'on suit la mer des
yeux, au loin, qui brille à travers les arbres. L'étape
de midi se fait au village abandonné de Vera. La plupart
des habitants de ce petit hameau étaient vignerons et les
larges portes des maisons où l'on entreposait les grandes
cuves témoignent de ce passé. Il y a une petite source au
coeur du village et c'est à ses côtés que nous ferons halte.
Durant tout l'après midi, nous ne quitterons plus la mer
des yeux. A mesure que nous approchons du golfe, le bleu
s'affirme et l'on distingue nettement la bande argentée
des plages qui ourlent le Valinco.
Repas et nuit en gîte.
Jour 8 : Samedi (Burgo)
C'est le jour des adieux, après le petit déjeuner.